D’où vient l’empreinte
L’essentiel de l’empreinte d’un aliment se forme avant qu’il ne quitte la ferme : les terres nécessaires, l’alimentation des animaux, les engrais, et le méthane que produisent les vaches et les moutons en digérant l’herbe. C’est pourquoi les écarts entre aliments sont si grands, et pourquoi un même aliment peut avoir une empreinte plus ou moins forte d’une ferme à l’autre.
Une assiette, comparée
Voici des moyennes mondiales par kilo d’aliment, en kilos d’équivalent CO2, tirées d’une vaste étude de Poore et Nemecek que publie Our World in Data :
- Bœuf issu d’un troupeau à viande : 99
- Agneau et mouton : 40
- Bœuf issu d’un troupeau laitier : 33
- Fromage : 24
- Porc : 12
- Poulet : 10
- Œufs : 4,7
- Riz : 4,5
- Tofu : 3,2
- Lait : 3,2
- Pois : 1,0
- Pommes de terre : 0,5
Ces chiffres sont donnés par kilo d’aliment, pas par portion, et un kilo de fromage dure bien plus longtemps qu’un kilo de pommes de terre. Mais le tableau est clair : le bœuf et l’agneau en tête, les haricots, les pois et les légumes en bas. En France, la base Agribalyse de l’ADEME donne aussi l’empreinte des aliments, produit par produit.
Manger local, c’est mieux ?
Manger local, c’est agréable, et cela soutient les agriculteurs près de chez vous. Pour le climat, pourtant, ce que vous mangez compte bien plus que sa provenance. Le transport représente moins de 10 % des émissions de la plupart des aliments, et seulement 0,5 % pour le bœuf issu d’un troupeau à viande. Dans une étude sur les régimes alimentaires dans l’UE, le transport des aliments représentait 6 % des émissions, contre 83 % pour la viande, les produits laitiers et les œufs. L’exception, ce sont les aliments transportés par avion, comme certaines baies fraîches et les asperges hors saison.
De petits pas qui comptent
Personne n’a à tout changer d’un coup. Essayez une ou deux de ces idées, et gardez celles qui vous plaisent : un ou deux jours sans viande par semaine, du poulet ou des légumineuses à la place du bœuf de temps en temps, un peu moins de fromage, davantage de produits de saison, et moins de nourriture à la poubelle. Cuisiner la bonne quantité et manger les restes, c’est l’un des gestes les plus simples qui soient.
Et un arbre en accompagnement
Un arbre n’efface pas un steak, et nous ne prétendrons jamais le contraire. Mais planter des arbres est une bonne chose à faire, à côté de petits changements en cuisine. Chaque arbre que nous plantons fait partie d’une nouvelle forêt sur d’anciennes prairies, un abri pour les oiseaux et les insectes qui continue de grandir pendant des décennies.